mardi 28 juin 2011

Juin 2011 : la Nouvelle Jérusalem à Istra

Pendant l'été (à partir du 1er Juin pour la Russie), nous pouvons éviter la pollution de la ville en découvrant quelques curiosités autour de Moscou à 1-2 heures de train. Ce mois-ci, nous allons au monastère de la Nouvelle Jérusalem, proche d'Istra, à environ 50 km du centre ville de Moscou.

Comment y aller ?
L'option la plus rapide est le train (choisir un Express) que l'on peut prendre à la station de métro Rizshkaya.


Le monastère lui-même n'est pas dans le centre d'Istra : il est préférable de descendre du train à la gare de "Novouy Jérusalem". Puis, après 20 min de marche, vous pourrez découvrir le monastère situé un peu en dehors de la ville.
 En juin, il n'y avait pas de neige !

L'histoire ?

Le monastère de la Nouvelle Jérusalem, conçu comme une réplique de l'Eglise Saint-Sépulcre à Jérusalem, a été bâti au bord de la rivière Istra il y a 350 ans.

Ici c'est la version Palestine ...
Il faut un peu d'imagination pour voir des ressemblances avec la version Russe ! (Certes, c'est sur une colline pour les 2)
L'idée de construire ce monastère vint du patriarche Nikon, qui voulait une "Jérusalem" Russe près de Moscou. L'objectif était de créer un centre de l'orthodoxie qui permettrait d'augmenter l'autorité de l'Eglise orthodoxe russe et de l'Etat russe, et affirmerait le concept de Troisième Rome de Moscou.
Le patriarche Nikon choisit un endroit élevé près de la rivière Istra, proche de Moscou, qu'il vit comme semblable à celui de l'Eglise du Saint-Sépulcre en Palestine. Le moine prêtre Arseni Soukhanov fut envoyé en Terre Sainte pour collecter les dessins et les plans de l'église Saint-Sépulcre. La construction du monastère a commencé en 1656.


Bien qu'il fût commandé une réplique exacte de l'église, le patriarche Nikon n'imposa aucune restriction sur l'imagination artistique des architectes. En effet, l'église créée reprit la conception et la taille de l'originale, mais l'intérieur fut différent, intégrant une perception russe  à travers une diversité de formes architecturales, de riches ornements en céramique et des sculptures sur pierre.



A l'origine, le monastère fut connu comme le monastère de la Résurrection sur l'Istra. Il est devenu le Nouveau Monastère de Jérusalem après que le tsar Alexis l'ait appelé ainsi dans une de ses lettres au patriarche Nikon.

Tsar Alexis



La construction du monastère devint un événement crucial avant une réforme de l'Église initiée par le patriarche Nikon. Le patriarche était partisan de changements drastiques. Il remplaça le tsar Alexeï comme souverain pendant ses campagnes militaires.

En 1658, le tsar et le patriarche se disputèrent, et le patriarche indigné quitta le patriarcat et se retira dans la Nouvelle Jérusalem, où il vécut pendant huit ans. Cette période fut intense pour la construction du monastère. Après le Conseil des Églises de 1666-1667 Nikon fut condamné et il fut exilé dans le monastère de Ferapontov, où il passa quinze ans. Mais selon la volonté de Dieu, lors de la mort du patriarche il devait être enterré dans le monastère de la Nouvelle Jérusalem qu'il avait fondé. Le tombeau en pierre blanche du patriarche Nikon au monastère de la Nouvelle Jérusalem a survécu jusqu'à ce jour.

Même si elle a subi une reconstruction dans les 18e et 19e siècles, la Nouvelle Jérusalem est restée largement inchangée. Pendant l'époque soviétique elle fut fermée afin de servir de musée d'arts et d'histoire locale. Pendant la Seconde Guerre mondiale elle fut pillée et partiellement détruite par les nazis, et il a fallu longtemps pour la reconstruire. Les moines y sont retournés en 1995 après une absence de 75 ans.
Et aujourd'hui, en plus d'être le monastère de la Nouvelle Jérusalem, c'est aussi un musée.


La visite du site
Il y a 2 portes pour entrer dans le site et nous avons choisi celle du parc qui est plus appropriée lorsque l'on arrive de la station de train "Novouy Jerusalem".
L'entrée est gratuite mais on doit payer pour chaque visite (le musée, l'isba, le moulin, les remparts, ...).


Le parc et le monastère :

1- Le monastère du patriarche Nikon 
2- Salle d'exposition
3- La chapelle
4- l'Isba
5- Le moulin
6- La source
7- La petite rivière
8- La rivière Istra 

Ainsi, visitons le parc puis le monastère, en commençant par la chapelle en bois (18éme).

Puis, l'isba avec les meubles et la décoration comme si c'était il y a 2 siècles.

Après, allons voir le moulin à vent : en chemin, nous croisons un cheval tirant une charrette ...
Puis jetons un coup d'oeil à la petite église Nikon.

Maintenant, il est temps d'entrer dans le monastère.
Si vous arrivez par l'entrée principale, vous pouvez voir cela ... Malgré les travaux de restauration, c'est vraiment impressionnant.
En hiver lorsque Brigitte l'a visité
Mais la vue inoubliable est celle du dôme avec les fenêtres !






Maintenant, allons à l'intérieur. En raison des travaux, ce n'est pas possible d'accéder à la cathédrale principale ... partiellement détruite par les nazis pendant la guerre de 1939-1945. Normalement, les travaux de restauration devraient être terminés en 2014.
Sous la cathédrale il y a une église sous-terraine où l'on peut voir la tombe du patriarche Nikon et aussi beaucoup de céramiques et de murs peints.

Pour finir la visite, allons au musée.

mercredi 25 mai 2011

Mai 2011 : Youri Gagarine et la Cité des étoiles

Cette année, c'est le 50ème anniversaire célébrant la montée de Youri Gagarine dans son vaisseau spatial et son envol dans l'espace.

Gagarine, né dans le village russe de Klushino en 1934, est devenu une célébrité internationale après son voyage dans l'espace.
Depuis sa mort (des doutes subsistent et les documents sont toujours classés secrets), le centre de formation des cosmonautes a été rebaptisé en son honneur tandis que le village Russe de Gzhatsk, qui était à côté de sa ville natale, a aussi été rebaptisé Gagarine.


Le 12 avril 1961, le cosmonaute russe Youri Gagarine est devenu le premier homme dans l'espace avec un vol orbital de 108 minutes à bord de son vaisseau spatial Vostok 1.
Si vous voulez voir un film à propos de cet événement historique, alors sélectionnez une de ces URLs :

L'astronaute de Mercury, Alan Shepard, est devenu le premier Américain dans l'espace moins d'un mois plus tard ... à cette époque la concurrence entre les Etats-Unis et l'URSS était très forte.
La première coopération dans un projet de vol spatial habité entre les États-Unis et l'Union soviétique a eu lieu en 1975. Le projet pilote Apollo-Soyouz a été conçu pour tester la compatibilité entre les systèmes d'amarrage des vaisseaux spatiaux américain et russe et cela a permis d'ouvrir la voie aux futurs vols habités.

Depuis 1993, les États-Unis et la Russie ont travaillé ensemble sur un certain nombre d'autres projets de vols spatiaux. La navette spatiale a commencé à rendre visite à la station spatiale russe Mir en 1994 et en 1995. Norm Thagard est devenu le premier astronaute américain à résider à bord de Mir. Sept astronautes américains étaient avec leurs homologues russes à bord du laboratoire orbital de Mir entre 1995 et 1998.
L'expérience acquise dans Mir avec les efforts de coopération, ainsi que les leçons apprises, ont ouvert la voie à la station spatiale internationale.
La construction en orbite de la station spatiale a débuté en Novembre 1998, et elle a été habitée de façon non-stop avec des équipes internationales depuis Novembre 2000. Le premier équipage de la station spatiale était composé du commandant américain Bill Shepherd, des cosmonautes Yuri Gidzenko et de Sergei Krikalev et ils furent lancés à bord d'un vaisseau russe Soyouz. L'équipage est retourné sur Terre à bord de la navette spatiale Discovery en Mars 2001.



Maintenant, allons visiter le centre d'entraînement des astronautes Youri Gagarine.
À l'origine, le centre d’entraînement des cosmonautes Youri Gagarine était un centre secret de la Force Aérienne, puis il est devenu «l'école des cosmonautes» russes. Habilement dissimulé dans les bois à feuilles persistantes au nord-est de Moscou, le centre a été identifié dans la presse russe comme Zvezdny Gorodok, que l'on traduit par la Cité des étoiles. Bien sûr, ce n’est pas la peine d'essayer de trouver "la Cité des étoiles" sur les cartes de Russie ... mais avec Google vous pouvez trouver où c’est situé !

L'origine de la Cité des étoiles : 
La naissance du programme des vols spatiaux en URSS à la fin des années 1950 a nécessité la création d'un centre spécialisé de formation des cosmonautes. À l'époque, une commission spéciale de la Force aérienne dirigée par le médecin militaire Evgeny Karpov a sélectionné plus de 200 pilotes de chasse pour un examen plus approfondi. En 1959, ce groupe a passé des examens médicaux rigoureux à l'hôpital militaire central de recherche sur l'aviation de Moscou. 20 personnes ont été sélectionnées pour constituer le premier groupe de cosmonautes soviétiques. Initialement, le groupe était logé au centre Frunze de l’aérodrome de Moscou. Nikolai Kamanin, un pilote légendaire soviétique et explorateur polaire, a été nommé à la tête du centre de formation des cosmonautes. Dans l'intervalle, une commission spéciale, présidée par Kamanin, était à la recherche d'un site pour le centre permanent d'entraînement des cosmonautes.

L'emplacement choisi fut à 40 kilomètres de Moscou, près de la gare du chemin de fer Chkalovskaya - Yaroslav. Un aérodrome voisin a servi de plaque tournante pour certaines unités et pour des avions du gouvernement. La décision officielle de créer le centre d’entraînement des cosmonautes a été signée le 11 Janvier 1960. Les futurs cosmonautes ainsi que les membres de la famille furent déplacés dans la nouvelle installation au début de Juin 1960.

    La zone résidentielle                      et la statue de Gagarine
Le site comprenait 2 parties : le centre d'entraînement et une petite zone résidentielle pour le personnel militaire et civil travaillant sur le site, ainsi que les cosmonautes et leurs familles. 


Une oasis du Socialisme : Pendant la guerre froide, la Cité des Etoiles était la vitrine favorite de la propagande soviétique – les cosmonautes vivaient dans des appartements de luxe et leurs épouses faisaient leurs courses dans les magasins qui semblaient à un rêve pour une femme au foyer soviétique ordinaire, épuisée par la recherche vaine d'un morceau décent de viande ou de chaussettes pour enfants. Certains Russes cyniques plaisantaient en disant que la société heureuse socialiste, que le Parti communiste avait promis au peuple soviétique, existait ... dans une seule ville !


Avec la désintégration de l'URSS, la Cité des Etoiles a dû faire face à de nombreux problèmes comme le reste de la Russie pendant des dizaines d'années - le manque de fonds gouvernementaux pour le développement des infrastructures et pour les réparations, ainsi que les nouveaux défis de la transition vers une économie de libre marché. Les petits commerces ont perdu leurs fournisseurs gouvernementaux exclusifs et ont dû passer au prix du marché. Même les cosmonautes semblaient chercher de nouveaux moyens pour compléter leurs pensions de l'État - par exemple, une demande de 250 $ par entrevue lors des visites de journalistes étrangers. Dans l'intervalle, une rangée de maisons neuves, comme si elles avaient été transplantés du New Jersey, ont poussé dans un coin de la ville pour héberger les astronautes de la NASA et les fonctionnaires déployés dans la Cité des étoiles en appui des programmes des navettes Mir et ISS.


Fin du contrôle par les militaires : Au tournant du 21e siècle, les Forces aériennes russes, avaient perdu apparemment depuis longtemps l'intérêt des vols spatiaux pour l'homme et ont finalement réussi à se décharger de la responsabilité de la gestion et du financement de la Cité des étoiles sur l'agence spatiale russe, Roskosmos.

La visite du centre d'entraînement : c'est possible mais ce n'est pas évident. La meilleure solution est de se joindre à un groupe, ce que nous avons fait.
Nous commençons avec les vieux modules Spoutnik où nous pouvons voir que la zone habitable était exiguë et le confort était minimal. Nous pouvons voir aussi de la nourriture utilisée dans l'espace, des équipements médicaux et de survie lors de retour sur terre (comme un pistolet si un ours était rencontré dans la toundra).




Dans ce bâtiment, la station spatiale internationale semble grande comparée au Spoutnik du début !

Les astronautes s'entraînent dans une piscine immense afin de simuler les conditions de mouvement dans l'espace en portant un scaphandre.

Les astronautes s'entraînent aussi dans une grande centrifugeuse ... heureusement, nous ne l'avons pas testée !

Et pour finir ce tour nous avons eu la chance de rencontrer l'astronaute Zaletin qui est allé 2 fois dans l'espace et il a répondu aux questions posées par les participants (spécialement celles des enfants qui en avaient beaucoup ...).

Si vous voulez avoir plus de détails à propos de l'astronaut Zaletin (Залётин, Сергей Викторович) : http://ru.wikipedia.org/wiki/Залётин,_Сергей_Викторович (seulement en Russe)

Si vous voulez voir une courte vidéo extraite de l'interview de Zaletin (traduction en français) :
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